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mar. 11 sept. 2018 Cinéma

[zoom] Burning

(Corée du Sud 2018) drame de Lee Chang-Dong avec Yoo Ah-In, Steven Yeun.
Durée : 2h28.

Note de la rédaction :

Les jeux du hasard. Jongsu, qui vivote de petits boulots, retrouve Haemi, une voisine d’enfance, en faisant une livraison dans une boutique où elle travaille comme “pom-pom girl” animatrice de tombola. Jongsu est un jeune homme renfermé, quasi mutique, contemplatif. Haemi une jeune fille pleine de vie, extravertie, fantasque. Deux jeunes adultes de la Corée du Sud contemporaine, abandonnés au bord de la route de la consommation, coupés de leurs parents et des balises traditionnelles qui ont volé en éclats. Une amitié amoureuse naît entre ces deux rêveurs à la recherche d’une expression de leur existence, l’un par l’écriture, l’autre par la pantomime. Mais Haemi part en voyage en Afrique à la rencontre des “petits affamés”, ceux qui ont faim de nourriture, et des “grands affamés”, ceux qui ont faim d’un sens au monde. Elle reviendra avec Ben, un beau garçon à la Gatsby rencontré dans un aéroport. Ben est-il artiste ? Enfant dilettante de la nouvelle bourgeoisie coréenne ? Bravache, il affirme mettre le feu à des serres de la proche campagne : réalité ou mythomanie ? S’installe une sorte de trio trouble, entre amour, secrets, colère, envie, mystère, jusqu’à la disparition tout aussi mystérieuse de Haemi…

Inspiré des nouvelles Les Granges brûlées du Japonais Haruki Murakami et L’Incendiaire de William Faulkner, Burning est comme un feu qui couve jusqu’à l’embrasement de la scène finale. Dédale d’illusions, d’omissions, d’indices sans ordre d’importance, il nous entraîne dans un récit elliptique, porté par une bande-son qui souligne une attente imprécise, diffuse, explosive. On peut le regarder comme un thriller ou comme un jeu des apparences et des confusions, mais on ne peut pas esquiver les étincelles d’impuissance et de rage de cette jeunesse égarée dans un pays qui a basculé trop vite dans la “modernité” en rejetant ses assises tout en conservant les mêmes bases d’injustice sociale.

Le grand Lee Chang-dong nous montre à voir des paysages, des coins de rue, des appartements d’une Corée incohérente où errent des personnages tragiques. Et désespérément seuls.

Un grand moment de cinéma et d’émotion.

Avis à chaud d’un spectateur
« Très beau film qui nous prend dans sa nasse, d’une grande étrangeté. Je dirais juste un peu trop long à certains moments de l’intrigue. C’est d’ailleurs amusant qu’un scénario inspiré d’une nouvelle devienne un film de deux heures et demi ! » (Nina, 30 ans)

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