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ven. 26 avril 2019 Spectacles # Saint-Nazaire

Autour de la performance

Fidèle à son objectif de faire se rencontrer des œuvres littéraires
et des lieux, l’association nazairienne “Auteur, lecteurs dans la ville”
croise les regards posés par la littérature et le cinéma
sur la performeuse italienne Pippa Bacca.

Affiche réalisée par des élèves de l’Ecole d’arts de Saint-Nazaire. / Pippa Bacca encore en Italie, en direction de la frontière avec la Slovénie.

8 mars 2008. L’artiste Pippa Bacca, 33 ans, entame un voyage-performance revêtue d’une robe de mariée immaculée. De Milan, elle va rejoindre Jérusalem en auto-stop, sa robe devant être le support graphique, la page blanche où s’inscriront les traces de cette itinérance. Son objectif ? Porter un message de fraternité aux femmes rencontrées dans les pays, pour la plupart en conflits, traversés. Mais le voyage se terminera tragiquement : Pippa Bacca est retrouvée violée et assassinée près d’Istanbul, dépouillée de la caméra avec laquelle elle filmait son aventure. Vie perdue, pire des témoignages rapporté à Milan par une robe de mariée souillée, aussi légère que celles des femmes entravées de Niki de Saint Phalle étaient lourdes. L’intention artistique de cette performance était-elle vouée à l’échec ?

De ce fait divers lié au monde de l’art,  le cinéaste Joël Curtz a fait en 2012 un documentaire de quarante minutes, La mariée, où il sonde la “beauté du geste” de cette artiste engagée, entre utopie et mysticisme. Y insérant des images sauvées de la caméra de Pippa Bacca retrouvée chez son assassin, il questionne le sens même de cet acte artistique.

C’est en voyant La mariée que la romancière Nathalie Léger, bouleversée, trouvera la matière première de son livre La robe blanche*, sorti en août 2018. Elle y tisse une histoire de violences faites des fragiles fils de soie de la performeuse italienne et de ceux de sa propre mère, interrogeant les notions de réparation possible, dans la vie, dans les arts, dans les mots de la littérature.

Une soirée événement

Ce sont ces deux regards portés par deux objets sur un même fait qu’Auteur, lecteurs dans la ville invite à découvrir à la Galerie des Franciscains ce vendredi 26 avril avec une lecture, une projection et des échanges avec l’auteure et le cinéaste. Un lieu évidemment choisi pour sa proximité avec l’école des Beaux-arts Nantes Saint-Nazaire, qui apportera ses enrichissements. « Enseignants et élèves se sont très vite emparés de ce projet en travaillant sur l’histoire de la performance dans l’art. Le résultat de ces ateliers d’adultes et d’enfants sera exposé à la Galerie avec également la projection de petits films, et le public pourra assister à une performance. Ce sont également eux qui ont préparé les échanges de la soirée et créé l’affiche de l’événement », souligne Carole Rivalin, directrice de l’école d’arts.

* Editions POL, 16 €.

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