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mar. 18 févr. 2020 Spectacles # Saint-Nazaire

Les Escales : encore un peu de patience

La programmation des deux grandes scènes du festival Les Escales est maintenant connue du grand public. Celle du focus sur Lagos, ville choisie pour cette 29e édition du festival des musiques actuelles du monde, le sera à la fin du mois de mars.

>> Lagos, ville de toutes les contradictions.

Quand le plat est bon, on ne change pas les ingrédients, on suit la même recette en essayant juste de la peaufiner. C’est ce à quoi ne cesse de travailler l’équipe des Escales en proposant à nouveau une programmation aux sensibilités musicales éclectiques et intergénérationnelles. Comme chaque année, on changera de continent pour mettre en lumière les pépites musicales d’une ville particulièrement dynamique, « avec des artistes ou des tendances qui s’exportent et qui inspirent d’autres artistes internationaux », explique Jérôme Gaboriaud, programmateur.

Après l’Amérique du Nord et Detroit, l’Amérique du Sud et São Paulo, transfert donc vers l’Afrique, plus exactement le Nigeria, le pays africain le plus riche en nouvelles sonorités, et Lagos, là où est né l’afrobeat.

>> Songo

>> Gaël Faye

Lagos, mégapole de 22 millions d’habitants (ils étaient 200 000 en 1960), ville de fractures sociales exacerbées. On y trouve les plus riches comme les plus pauvres. Dans un territoire lagunaire qui subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, les premiers avancent sur les eaux à coups de béton, les seconds dressent des bidonvilles tentaculaires sur des tas d’ordures mélangés à du sable. Dans cet eldorado pétrolier, on peut crever sur la plus grande poubelle du monde ou s’enrichir de façon fulgurante, l’industrie musicale étant un moyen comme un autre de tâter de gros billets. Mais c’est aussi à cet endroit explosif que les talents bouillonnent, debout sur le chemin ouvert par des grands musiciens comme Fela Kuti, un des créateurs de l’afrobeat, rencontre entre sons traditionnels africains, jazz et pensées de Malcom X sur fond de l’horreur du Biafra. Le pays a généré une longue lignée d’artistes, dont ceux représentant le fameux hip-hop nigérian, des Dj de référence, et la nouvelle génération est on ne peut plus dynamique. « Les artistes nigérians s’exportent, mais ils sont aussi source d’inspiration pour le reste du monde, Beyoncé, Jay-Z et Rihanna, pour ne citer qu’eux, vont y chercher leurs sons, continue Jérôme Gaboriaud. D’où notre choix, que nous ne regrettons pas, de Lagos comme ville focus, même si cela rend les choses plus compliquées », continue Jérôme Gaboriaud.

>> Thérapie Taxi

En effet, ce serait aussi une des villes les plus dangereuses du monde avec un afflux de population du Nord qui fuit l’avancée de Boko Haram et la violence propre à toute ville abandonnée au pouvoir de l’argent. Classée zone de vigilance renforcée par l’ambassade de France, les déplacements y étant “fortement déconseillés” aux étrangers, la prospection sur place y est périlleuse. « J’ai l’habitude de partir sur le terrain, de me laisser guider par les rencontres. Là, c’est impossible, j’ai déjà dû repousser mon voyage par deux fois. Finalement, je n’irai pas, sauf à me faire encadrer par des gardes du corps armés et à recevoir les artistes dans ma chambre d’hôtel : aucun intérêt. » Les recherches se feront donc à distance grâce aux techniques de communication modernes, avec l’aide de personnes relais sur place, dont le patron du New Africa Shrine, temple de la contre-culture édifié par Fela en 1970 et rebâti en 2000 à l’initiative de son fils Femi Kuti (sur la scène du port vendredi 24 juillet).

>> Shaka Ponk

Huit groupes pépites sont donc encore à découvrir, soit un tiers de la programmation des Escales, artistes ambassadeurs d’une Afrique engagée qui veut avancer et le faire savoir.
Impatience… 

 

Vendredi 24 juillet

// SCÈNE DU PORT

>> Philippe Katerine

Ninho (France). Jeune talent hors norme à l’ascension fulgurante, figure incontournable du rap français.

Philippe Katerine (France). Le dandy loufoque que l’on ne présente plus, qui continue à cultiver l’absurde dans son 10e album, Confessions.

>> Femi Kuti

Femi Kuti (Nigeria). Il a débuté comme saxophoniste dans le groupe de son père Fela Kuti, Egypt 80, avant la création de son propre groupe. Femi Kuti reste fidèle au métissage de l’afrobeat et à son message politique tout en l’élargissant, y ajoutant des notes de punk et de hip-hop.

French 79 (France). Un des représentants majeurs de la “French Touch” sur la scène électronique internationale.

// SCÈNE ESPADON

>> Lous and the Yakuza

Lous and the Yakuza (Belgique). Fille d’exilés du Rwanda, un temps à la rue, Lous est habitée d’une volonté de fer et d’une énergie touchante qu’elle exprime à travers une pop hip-hop.

Songø (France et Afrique du Sud). Groupe aux sonorités afro et pop électrifiée inclassable, véritable rencontre des cultures portée par la voix virtuose de Sisanda en anglais, français, xhosa et mooré.


Samedi 25 juillet

// SCÈNE DU PORT

>> Catherine Ringer (Rita Mitsouko)

Catherine Ringer chante les Rita Mitsouko (France) et nous revient avec quarante ans de  chansons cultes de son couple avec Fred Chichin, accompagnée ici de leur fils Raoul Chichin à la guitare électrique.

Therapie Taxi (France). Un quintet pop totalement décomplexé et festif dans une mise en scène inspirée de l’esthétique de la Renaissance… Surprise.

>> Aloïse Sauvage

Sebastian (France). Musicien techno-électro qui aime à générer des électrochocs. Sebastian est intervenu sur les derniers albums de Charlotte Gainsbourg, Philippe Katerine et d’autres.

Aloïse Sauvage (France). Elle a tout fait, du cinéma (120 battements par minute), l’académie Fratellini, elle est dans le même label qu’Eddy de Pretto, elle nous raconte ici des histoires d’amour avec un micro qui lui sert d’agrès…

// SCÈNE ESPADON

>> Dinos

Dinos (France). Bercé par ses prédécesseurs des années 90, amoureux de littérature, ce jeune rappeur est considéré comme une des plumes du rap hexagonal.

Minyo Crusaders (Japon). Grand charivari avec ce groupe qui entrelace des chansons traditionnelles populaires japonaises (min’yō) et des sons de tous les continents, afro-blues, groove éthiopien, thaï pop, cumbia…


Dimanche 26 juillet

// SCÈNE DU PORT

>> Michael Kiwanuka

Shaka Ponk (France). Un groupe de scène spectaculaire qui imagine le concert du futur avec rock metal, électro, créations numériques et engagement écologique.

Michael Kiwanuka (Royaume-Uni). Une voix de velours pour des textes cinglants sur le racisme et l’injustice : grand coup de cœur de l’année de l’équipe des Escales. A relever : ce sera sa seule date d’été en France.

>> Izïa

Izïa (France). Izïa montre sa face sensible avec son album Citadelle, moins rock, plus libre,  plus vibrant.

Acid Arab (France). Le groupe qui construit un pont entre les deux rives de la Méditerranée, la transe n’est pas loin.

Gaël Faye (France et Rwanda). Encore une plume du rap pour cet artiste féru de littérature créole,  de musiques traditionnelles africaines et de culture hip-hop. On se souvient qu’il avait obtenu le prix Goncourt des lycéens pour son magnifique roman Petit pays en 2016.

>> Le BIM

// SCÈNE ESPADON

Le BIM (Bénin International Musical). Un groupe unique qui redonne au rock et au rap leurs origines vodoun.

 

 


les +

Mix de Martin Meissonnier qui rendra hommage au New Afrika Shrine sur la petite plage du Petit-Maroc (les 24, 25 et 26 juillet).

Escales au jardin : un concert pour les personnes âgées au Jardin des plantes de Saint-Nazaire (non encore déterminé).

Préchauff’ musicale dans six bars nazairiens du réseau Culture Bar-Bars (gratuit).

Création d’une nouvelle fresque géante en partenariat avec la Silene.

Actions culturelles dans 14 écoles, soit auprès d’environ 3 000 enfants.

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