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Cinéma # Ciné Malouine

[zoom] Joker : folie à deux

(États-Unis 2024) drame de Todd Phillips avec Joaquin Phoenix, Lady Gaga, Brendan Gleeson.
2h19.

Note de la rédaction :

Joker, un chef-d’œuvre, la claque du siècle ! Joker : folie à deux, la claque aussi… Oh si ! Certes moins intense…Magnitude 8 sur l’échelle de Richter contre 9 (hi hi !!) pour Joker, l’un des plus puissants séismes qui n’ait à ce jour frappé avec une telle force le cinéma de comics. Et c’est dire, Todd Phillips a fait de ce super-vilain sorti tout droit des comics books de DC Comics un super anti-héros à visage humain ultra attachant. Batman n’a plus que ses yeux pour pleurer. Car derrière ce monstre « au rire idiot » (merci maman !), derrière « ce clown raté » qui se rêve en haut de l’affiche, se cache sous ce grimage devenu “viralement” universel, Arthur Fleck, un “pauv’type” que l’on croit, d’une sensibilité à fleur de peau. Irrésistiblement sinistre. Dangereusement séduisant. Monstrueusement passionnant. On en tombe raide dingue !  

Dans le premier opus, on assiste à la création, à la naissance de Joker qui prend sans coup férir les traits d’un psychopathe terrifiant, ô combien fragile et fascinant. Que la folie dévore de l’intérieur. De folie pure et brute. De folie meurtrière comme on l’entend, dans le second (ou deuxième ?), il en est moins question. La (seule) petite pointe de déception, avouons-le. Assurément, avec Lee Quinzel, alias Harley Quinn à l’affiche, on aurait pu s’attendre au pire ! Un Joker encore plus sombre, plus violent. Au final, moins de folie (sanglante) à deux, mais plus de folie… amoureuse ! Eh oui, Joker a un cœur et tombe raide dingue amoureux (décidément !) d’une des patientes du tristement célèbre hôpital psychiatrique d’Arkham où il est incarcéré, en attendant son procès. De là va naître une enivrante, exaltante et intrigante romance entre jazz, soul et blues. L’électrochoc, sans doute, pour les inconditionnels de Joker… Une douche froide musicale qui, une fois dessous, passe plutôt bien. Même très bien, les premières craintes une fois passées ! La bande-son est à tomber par terre. Ne nous étendons pas sur la version de Ne me quitte pas, juste sublime, et des autres qui s’invitent telle une extension d’eux-mêmes, comme pour mieux atteindre leur impossible rêve… Des chansons sans trop d’abus, qui se fondent à merveille dans ce tout majestueux, et qui nous invitent avec légèreté à plonger dans cette schizophrénie constante qui nous fait basculer entre cette réalité glaciale et cet imaginaire digne des plus grands music-halls où tout (de rêver, surtout) est permis. Ne sommes-nous pas à Gotham City ? Quant au jeu d’acteurs… Que dire, sinon que Lady Gaga est loin d’être ridicule, et que Joaquin Phoenix, comme à son ordinaire, est puissamment incarné. Cœur, cœur, cœur !