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Rendez-vous # Carene # Saint-Nazaire

Les libérations célébrées, plus que jamais !

D’avril à septembre, Saint-Nazaire vivra, 80 ans après la fin de la guerre, au rythme des libérations, entre expositions, projections, visites, conférences, concerts, bals…, aux couleurs de la liberté.

Une femme accueille un soldat américain avec des fleurs au Pouliguen, lors de la libération de la poche de Saint-Nazaire.

« Fêter la liberté, la démocratie, le respect des peuples quand les guerres éclatent, y compris sur le continent européen, prend tout son sens », souligne David Samzum, maire de Saint-Nazaire, la dernière ville libérée d’Europe, le 11 mai 1945, bien longtemps après la libération de Nantes, le 12 août 44, et de Paris, le 25 ! Une date que les quelque 130 000 “empochés” pris en otage par 28 000 soldats allemands n’ont cessé de célébrer, tel un devoir de mémoire, d’autant plus précieux quand on se sait face à une actualité qui, chaque jour, rappelle sa nécessaire transmission.  

Les trois libérations  

Ainsi, pour honorer la solidarité des peuples, sanctifier les valeurs de résistance et « célébrer la liberté et la paix », n’y a-t-il pas plus bel événement mémoriel (bien qu’on aurait préféré s’en passer) que ce 80e anniversaire… des libérations ? « Des, au pluriel », insiste le maire. Car il ne s’agit pas d’une, mais de trois libérations qui seront ici commémorées, en ce début de printemps 2025. La libération des camps de concentration, qui aura lieu le 27 avril à 11h au monument des martyrs de la Résistance, avec les Amis de la chanson et les Petits chanteurs de Saint-Nazaire. Un hommage sera également rendu à la résistante nazairienne Germaine Lardon, morte à Mauthausen quelques jours avant la libération des camps, et à Victor Perahia, arrêté en juillet 1942, à 9 ans, à son domicile de Saint-Nazaire avant d’être envoyé à Bergen-Belsen. L’un des derniers survivants à raconter, avant qu’il ne décède en septembre 2024. Deuxième libération, celle du 8 mai 1945, marquant la capitulation des nazis, et la fin de la guerre. Pour ce jour historique, seront présents à 11h, au monument aux morts près de 150 choristes, élèves des écoles de Saint-Nazaire. Et le 11 mai, il s’agira de fêter la libération de la poche de Saint-Nazaire, avec un grand défilé porté par la Musique de la marine nationale, dès 9h15, du monument aux morts à la place François-Blancho où se déroulera à 10h la cérémonie solennelle, accompagnée de l’ensemble vocal Musica et de l’Harmonie de Saint-Nazaire… Une gerbe sera déposée au pied d’une stèle confectionnée à cet effet par des élèves du lycée professionnel Brossaud-Blancho.  

Un bal comme à l’époque ! 

Ils seront légion, les temps forts. Un triple anniversaire fêté comme il se doit. Il suffit de jeter un œil sur la programmation, dense et diversifiée, qui offrira moult portes d’entrée pour (re)plonger dans l’histoire de Saint-Nazaire durant cette période, et “vivre” la vie de ses habitants, loin d’être une sinécure… Couvre-feu imposé, coupure d’électricité, pain immangeable (composé à plus de 90 % de son), postes de TSF confisqués, et la presse de la France libérée qui n’était pas diffusée à Saint-Nazaire. Mais malgré tout, les nouvelles parvenaient à filtrer, grâce notamment aux postes à galène et aux journaux imprimés clandestinement. Des films comme La poche de Saint-Nazaire, une si longue histoire, de Raphaël Millet (9 mai, 20h, Cinéville), Loin des bombes, témoignages d’enfants nazairiens déplacés pendant l’occupation, de Chloé Glotin (6 mai, 14h) ou encore Les Gamins de Saint-Nazaire, par l’association Le Vieux Saint-Nazaire (28 avril, 14h, au Cinéville ; 11 mai, 20h10, à Saint-Malo-de-Guersac, et d’autres dates prévues à Campbon, Pontchâteau, Savenay, La Baule et ailleurs) feront état du quotidien de ces civils. Des expositions aussi, nombreuses, dont celle signée Sidonie Bilger, Mémoire en surface, à partir du 21 avril, ne manqueront pas de mettre en lumière ces récits mouvementés. Par ses portraits au fusain accrochés sur les vitrines de 30 commerces, l’artiste plasticienne rendra ainsi un vibrant hommage aux habitants oubliés par l’histoire.  

Et côté animations, c’est loin d’être fini. Deux conférences, le 25 avril et le 6 mai (“La poche de Saint-Nazaire : son histoire militaire et civile”, au Parvis) ; un concert en déambulation, le 26 avril ; une lecture-spectacle, le 30 avril (Escal’Atlantic) ; la visite des réserves de la médiathèque, le 17 mai ; la Nuit des musées sur le thème “Empochés, malgré soi”, les 17 et 18 mai (Écomusée) ; un spectacle pyrotechnique spécial 80e anniversaire, le 13 juillet ; et le 10 mai, la grande journée… Rendez-vous sera donné place de l’Amérique-Latine de 12h à 23h30 avec, à l’affiche, des animations, ateliers et initiations tous azimuts, un bal des enfants (16h), et le bal de la liberté (21h) suivi d’un feu d’artifice. Avec l’idée que chacun joue le jeu et vienne habillé vintage, comme “à l’époque” ! 

Ce projet, porté par la Ville de Saint-Nazaire, a été construit avec une vingtaine d’associations et Saint-Nazaire agglomération tourisme. D’ailleurs, des visites commentées, des ateliers en famille, des causeries… sur le thème “De la guerre à la paix” sont à découvrir à partir du 17 avril sur saint-nazaire-musees.com 

//Appel aux archives ! 

  • Déposez vos carnets, photos, lettres, films… témoignant de la période de la Libération et plus largement de la guerre 1939-1945. Vos dons seront numérisés, conservés et valorisés. Le 14 juin, à 10h, le service des Archives présentera les documents confiés et vous racontera comment les archives ont traversé ces temps agités, entre destructions et sauvetage des documents.
  • Contact : 02 40 00 40 67, archivesdoc@saintnazaire.fr