Le Misanthrope ou l’autopsie de nos rapports sociaux
359 ans et pas une ride ! En peintre des psychés et des mœurs, Molière s’attaque, avec Le Misanthrope, à disséquer avec une précision chirurgicale les hypocrisies d’une société où l’apparence et le paraître dictent les relations humaines.
Trois siècles et demi plus tard, le miroir tendu par Alceste nous renvoie toujours notre propre reflet. Comédie de mœurs ou tragédie du caractère ? Molière joue sur cette ambiguïté en donnant à voir un héros déchiré, arc-bouté sur ses principes, mais englué dans ses contradictions. Alceste réclame de la sincérité, mais meurt d’amour pour Célimène, incarnation même du badinage mondain. Il exècre les mondanités, mais souffre de ne pas en être. Tout l’art de Molière est là : sonder les paradoxes humains avec une ironie mordante. Et si Le Misanthrope, comme tout chef-d’œuvre à la vérité universelle, nous parlait aussi d’aujourd’hui ? « Héros romantique absolutiste aux accents wertheriens, Alceste est le plus beau personnage du théâtre français », pour Simon Delétang, le metteur en scène de cette nouvelle adaptation.