[zoom] Des jours meilleurs
(France, Belgique 2025) comédie d'Elsa Bennett, Hippolyte Dard avec Valérie Bonneton, Michèle Laroque, Sabrina Ouazani.
1h44.
Parfois, les contraintes d’agenda ont du bon (merci les ponts !) Sans quoi, confessons-le, ce joli petit film au goût anisé serait passé entre les mailles du filet d’Estuaire. Dommage ! Car malgré les apparences promotionnelles – un chouia timorées –, cette comédie cache bien son jeu. Plus sociale que franchouillarde-avec-son-lot-de-plaisanteries-
potaches-et-bien-lourdingues, voici une intention sensible et nécessaire, une plongée immersive dans les abîmes de l’alcool… au féminin.
Un sujet rarement abordé au cinéma qu’Elsa Bennett et Hippolyte Dard traitent avec justesse et humanité, sans jamais forcer sur la dose humour relou ! Histoire de mieux nous noyer dans cette tragédie de l’intime qui rime trop souvent avec honte, déni, rechute, divorce, solitude, insomnie, descente aux enfers…
Le cas de Suzanne (Valérie Bonneton), Alice (Sabrina Ouazani) et Diane (Michèle Laroque). Trois femmes amochées aux parcours chaotiques, trois âmes en peine aux caractères bien distincts qui se retrouvent en cure de désintox’ à partager leurs souffrances, angoisses, colère, désespoir… Espoir ?
Trois forces de la nature campées par un trio d’actrices à contre-emploi et au jeu imbibé d’émotions fortes, à la limite de l’effusion lacrymale, bien que la larme suffira… Car mine de rien, on ressort de cette fresque poignante à la sororité puissante où le registre du pathétique n’a pas le droit de visite, retourné·e.
Face caméra, plan serré, façon documentaire, elles parlent, se confient, craquent, s’effondrent et racontent… « À 11 ans, je buvais les fonds de verre, parce que je n’existais pas », dira l’une, « Moi, je ne bois pas pour le goût, mais pour m’arracher la gueule », dira l’autre ; « Quand je bois, on me voit »… L’une, l’autre, elles, ce sont toutes… Femme de ménage, hôtesse de l’air, actrice star, chômeuse…
L’alcool touche toutes les classes, et pour preuve, les femmes aussi, chose que l’on a tendance à mettre en sourdine, un sujet trop peu considéré, car tabou. Et bien que ce joli petit film diablement mené et finement interprété ne soit pas un modèle de perfection, il a le mérite de mettre le doigt (pas de whisky !) là où ça fait mal… Et pas qu’à la tête !