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Cinéma # La Toile de Mer # Salle Jacques-Tati

[zoom] Partir un jour

(France 2025) comédie dramatique d'Amélie Bonnin avec Juliette Armanet, Bastien Bouillon, François Rolli.
1h44.

Note de la rédaction :

Partir un jour… / Sans retour / Effacer notre amour / Sans se retourner / Ne pas regretter…  Et paf-cassé (réf’ à La Crise) ou comment prendre 30 ans en 3’30 ? Tout doucement, tout simplement (réf’ à Bibie, mais pas dans le film !)…, merci Juliette ! De son p’tit nom de scène, Armanet. La chanteuse au look disco pop boyish, pour la première fois actrice, sans parler de sa performance dans le court éponyme. Un régal. Mais ça, ça reste entre nous !  

Alors merci oui, merci Juliette d’avoir ressuscité ce bon vieux tube d’un bon vieux boys band au sommet des kitch-parades, fin des années 90 : les 2Be3 ! Merci, car en boucle, sans répit, il va tourner dans nos têtes, jusqu’à la prochaine… Sensualité, d’Axel Red ? Pour que tu m’aimes encore, de Céline Dion ? Alors on danse, de Stromae ? Femme like U, de K-Maro ? Paroles, Paroles…. ? Il suuuuuffit… de demander ! Le juke-box de Cécile… ma fille ! est en pleine possession de ses moyens ! Seulement, parfois, ça tombe comme un cheveu dans la soupe, kitchnounette dans la kitchenette (de top chef ?) quand ça ne frise pas le ridicule. Mais n’est-ce pas là l’effet recherché de cette comédie vintage à souhait faite aux petits oignons ? Un long-métrage à demi musical branché sur Nostalgie qui cache, mine de rien, sous ses grands airs déjantés, des réalités pas toujours très drôles… On y parle, on y chante (en version courte, ouf) de l’amour, des actes manqués, des regrets, des envies, des certitudes qui s’effritent… De la vie quoi ! Un film sans chichi, poétiquement brut dans sa texture visuelle, amèrement léger dans son propos, du popu raffiné dans le Loir-et-Cher, « parce qu’on dirait qu’ ça te gêne de marcher dans la boue ! ». Eh oui, dur dur pour la starlette parisienne de la gastronomie de revenir au pays, sans en prendre pour son grade !  

Un père, le cœur usé, au volant d’un resto routier, qui a consigné sur un carnet toutes les “petites saletés” que sa fille a pu balancer sur les plateaux télé, et qu’il n’hésite pas à lui jeter, al dente, en pleine figure. Délicieusement caustique ! Une mère, la diva des fourneaux, qui ne rêve que d’Italie…, et des potes d’enfance en basket-survêt’ gris-obsolète ou léopard-tendance qui se la coulent douce, à frimer sur leur 125, à danser au Sherwood, à s’enquiller les shooters et à tenter de rattraper le temps perdu… Ah, les amours de jeunesse ! Amours revisitées entre deux patins… à glace, à la patinoire, so tender et terriblement irrésistible. À l’image de ce duo d’acteurs Armanet/Bouillon qui crève l’écran… Surtout Juliette, la nouvelle gueule du cinéma français. Vraie, au naturel, sans fard ni artifice, un art qui lui sied plutôt bien, peut-être mieux que celui de chanter dans un micro ? Quoique pas trop mal sa reprise de Partir un jour sur la Croisette – le film était présenté en ouverture du festival ! –, une version techno est même prévue pour cet été. Ne vous reste plus qu’à réviser ! Partir un jour… / Sans retour… (C’est mort pour la journée, si ce n’est la semaine. Si, si, promis !).