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Chroniques # Loire-Atlantique # Saint-Nazaire

Un docu-fiction pour rebooster les décrocheurs scolaires

Intégrés à la Promo 16-18 de l’Afpa, des jeunes en décrochage scolaire redonnent sens à leur parcours en réalisant un docu-fiction, déjà primé, sur le métier de paludier, avec le soutien de l’association nazairienne Les pieds dans le Paf. Ça tourne, action…

Les jeunes de la Promo 16-18 sur le terrain, en plein tournage.

« Je ne connaissais rien à la réalisation vidéo et encore moins au métier de paludier. Je pensais même qu’un paludier produisait des palourdes, c’est dire ! », sourit Mathis, 16 ans, et Noah, à côté qui, lui, grâce à « cette expérience de dingue », envisage de travailler cet été au milieu des œillets, « ces grands bassins d’eau salée » où s’effectue la cristallisation et la récolte de l’or blanc. « On en connait un rayon maintenant », lance-t-il ostensiblement devant ses camarades qui, à l’unanimité, acquiescent non sans coup férir. Hani, Margot, Senjihan, Nadia… Seize jeunes au total, de 16 à 18 ans, tous sans diplôme ni emploi, engagés dans ce projet original qu’est la création d’un docu-fiction.  

Lauréat au Grand Rex ? 

Une démarche initiée par l’Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) et son dispositif Promo 16-18, créé en 2020. Le tout, sous l’impulsion de leur formatrice Marie-Zélia Malabœuf, arrivée il y a deux ans… Deux ans seulement, deux documentaires déjà, et des résultats à en faire pâlir plus d’un ! Deux fois lauréats au concours de l’association rezéenne, Abilis : l’an dernier, avec leur 5 min sur les créateurs de bijoux, et cette année, même chrono, sur les paludiers. L’adoubement aura lieu ce 21 mai, à la mairie de Nantes. Et le 27 mai, direction Paris et le Grand Rex pour la cérémonie des remises des prix du concours Je filme le métier qui me plaît, version 3 min, placé sous le haut patronage de trois ministères, et qui réunira près de 2 700 jeunes et enseignants. « On croise les doigts, on y croit dur comme fer », lance Marie-Zélia, les yeux qui pétillent de joie, et de fierté pour ces jeunes « qui ont donné beaucoup. Pas toujours simple. On part de loin, pour certains ». Et rien de tel que ce type de projet pour amorcer le processus. « Ils découvrent un métier méconnu, un savoir-faire ancestral, un patrimoine local, un territoire à valoriser. Et surtout, ils reprennent confiance en eux, retrouvent une stimulation, une dynamique collective et un rythme. Je les vois changer.  »  

Du ciné et des maths ! 

Durant le temps de leur formation (entre 13 et 15 semaines), les jeunes de la Promo 16-18 ont pu ainsi alterner ateliers d’écriture de scénario et tournage sur le terrain, interviews de professionnels (en l’occurrence les paludiers de La route du sel en Vendée) et séances de montage, sur les conseils des intervenants pros des Pieds dans le Paf. « En ce sens, le docu-fiction est un support puissant, car il mêle expression personnelle, découverte du monde professionnel, et apprentissage. On aborde plein de notions, comme les maths, le français, la prise de parole, la prévention, la santé, la construction de projets…, c’est sans fin, ultra complet, positif, concret… » Et prometteur. Sur les 60 jeunes accompagnés depuis deux ans par Marie-Zélia, tous ont fait un stage en entreprise. Certains ont repris le chemin de l’école, d’autres ont suivi des formations ou pris la voie du service civique, de l’intérim…  

Alors, sur quoi le prochain docu ? : « On pense au métier d’éboueurs. Un métier bien payé qui attire les jeunes », s’il se fait… Le dispositif devrait être gelé fin juin, conséquence directe des baisses de subventions !