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Le festival de l’eau, l’onde de choc

Portraits chantés dans une pêcherie, balades musicales à bord de voiliers, kayaks et chalands, concert nocturne au casque..., la 2e édition du festival de l’eau prend un rythme de croisière. Embarquement le 29 mai pour une traversée sonore et insolite du territoire, au confluent des arts.

Des sons insolites, des expériences inédites, des balades musicales, et la voix, comme fil rouge d’un festival qui invite aussi à prêter l’oreille à la nature.

Le coup d’envoi du projet phare d’Athénor sera donné le 29 mai depuis le bassin du port. À bord du crevettier Va pas trop vite, telle une figure de proue, Isabelle Duthoit ouvrira la voie. La chanteuse et clarinettiste tracera la trajectoire sonore d’un flot musical, poétique et acrobatique. Ce jour-là, plus de 100 artistes dont 80 enfants de la fanfare Urbain’s Band, les ados d’Athénor et cinq circassiennes de la Volière se retrouveront autour du bassin. Ces dernières lèveront les voiles sur leur création Résonance, avec pour bande son la symphonie électro-acoustique Les eaux s’accordent dont les cinq compositrices reviendront le 8 juin avec Eaux-fortes

Lieux insolites pour expériences inédites 

De la clarinette à l’iaidō – l’art de dégainer le sabre – Isabelle Duthoit réinvente le son du corps et bien plus encore. Au détour d’un méandre en Brière ou dans les jardins, elle répandra aussi son chant si singulier dans une pêcherie du front de mer lors de rencontres chantées et dessinées qu’elle propose avec Troubs. Face à l’océan, pendant qu’elle chantera au visiteur ce qu’il lui inspire, Troubs tracera en effet son portrait avec lequel il repartira (3, 4 et 5 juin). Car « l’idée de ce festival est la recherche de l’intime, du respect de la nature, grâce aux petites jauges », tient à préciser Camel Zekri, le directeur d’Athénor. 

Autre cadeau de cette édition, l’inauguration de cinq concerts au jardin en partenariat avec des associations, maraîchers et jardins partagés. Chant, violon, harpe de Livia Phoebé ou bombarde de Maud Madec s’y accorderont par exemple pour réjouir les écoutilles de musiques klezmer ou traditionnelles bretonnes (les 6, 7 et 8 juin). Le trio d’improvisatrices, Les Tricoteuses, donnera de la voix pour interroger la place des femmes entre création artistique et maternité (3 juin). Un nom en référence à celles qui, pendant la Révolution, tricotaient lors des séances de la Convention nationale parce que, si leur présence était tolérée, elles n’avaient pas voix au chapitre. 

À l’écoute de la nature 

Qu’elles soient sur terre, sur un bras du Brivet ou sur mer, ces balades ont « pour axe l’improvisation lors d’échanges musicaux impromptus », souligne Camel Zekri. Elles provoquent donc des rencontres, côté artistes. Des découvertes côté public, avec une prise de risque, celle de l’embarquer « dans des univers inconnus et hors les murs. Ce croisement des rencontres et des esthétiques, qui va au devant des populations, veut dessiner un autre rapport de la création à la société », poursuit le directeur d’Athénor. Ces promenades, souvent familiales, parfois jeune public avec Ô Fontaine (4 juin), invitent aussi à porter une oreille attentive à ce que les voix des rivières, marais, fleuves et océans ont à dire. Elles offrent ainsi un nouveau cadre pour aborder la musique contemporaine, comme lors de la marche musicale proposée par Mattieu Prual le long du littoral avec la Démesure du pas (8 et 9 juin). Autre temps de promenade : Les Eaux secrètes (6 juin). Un parcours autour des eaux méconnues de Saint-Nazaire ponctué de musique classique et traditionnelle. Sans oublier celui étoilé en Brière avec un concert chanté et improvisé au casque (30 mai). 

Dernière nouveauté, les installations sonores au Théâtre et au Râdome où Mattieu Delaunay poursuit ses recherches sur le Gyrophone. S’il joue avec des paramètres liés à la marée, l’installation pour 56 hauts-parleurs, Mycophonia, elle, imite la propagation des réseaux de mycélium à l’origine du développement des champignons ! Quant aux artistes plasticiennes et sonores de l’école des Beaux-arts, Mona Colson et Flavie Chevriaux, elles font œuvre commune avec Ni les femmes ni la Terre ne sont des territoires de conquêtes. Du 29 mai au 9 juin, plus d’une trentaine de projets artistiques feront résonner le territoire en harmonie avec la nature à Saint-Nazaire et eau delà.