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Cinéma # Cinéville

[zoom] Pris au piège

(États-Unis 2025) thriller, comédie de Darren Aronofsky avec Austin Butler, Regina King, Zoë Kravitz.
1h47.

Note de la rédaction :

Pas génialissime à l’instar des Requiem for a dream (2000), Black Swan (2010), The Whale (2022, pas vu, sinon fortement conseillé), mais pas détestable pour autant, loin s’en faut. Y a du bon, du très bon même comme dirait l’autre, nonobstant ce petit grain de sable venu s’immiscer dans la généralement bien huilée mécanique Aronofsky et qui, forcément, rend l’acte d’y pénétrer dans son entièreté moins aisé. 

Dans le meilleur des films, il n’aurait s’agit que d’un léger couac sans réels dommages collatéraux s’il n’avait été (ce grain) autre que le scénario en lui-même, quelque peu élémentaire, mon cher…, d’un banal à en perdre sa… clef ! “La clef” de cet ofni foutraque (objet filmique non identifiable), bringuebalant côté intrigue (est-ce là l’essentiel, au fond ?), foncièrement audacieux côté spectacle ! Tous les ingrédients sont là… Bande-son puissante, courses-poursuites effrénées, shoot de romantisme avec la sublime Zoë Kravitz, de la violence en veux-tu en voilà, un grain photographique fascinant qui nous plonge dans les bas-fonds d’un Manhattan crépusculaire aux prises avec ses démons, les mêmes (ou autres) démons qui hantent l’esprit des protagonistes ô combien hauts en couleur… Un punk déluré embourbé dans une sale affaire, des flics pas si nets, des malfrats pervers russes à la pincette facile, un duo de frangins juifs férocement cruels qui ne lâchent pas le morceau, le chat Bud et d’autres à la caricature tout aussi délicieusement récréative. Sans oublier, le principal : Hank, malgré lui, au milieu de tout ce petit monde, pour une descente aux enfers assurée, incarné par le beau gosse (ce qui ne gâche rien !) Austin Butler (Bikeriders, One upon a time in Hollywood de Tarantino, tiens, tiens !). Coïncidence ou pas, le fait est que ce thriller complètement déjanté, au grain de folie macabre assumé, n’est pas sans faire allusion au maître du genre qui allie avec génie le gore pop au volontairement absurde, ni à Guy Ritchie avec Snatch, ni à Danny Boyle avec Trainspotting… Et si vous ne trouvez pas la clef (private joke-movie), contentez-vous de vivre cette expérience cinématographique à cent à l’heure, sans vous faire prendre au piège ! Miaou…