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Associations # Saint-Nazaire

Pélopée, en état d’hybridité

Avec son association Pélopée, Élodie Brillon lance des projets à la croisée des arts pluriels où l’inclusion est au cœur du récit créatif.

Élodie Brillon peut accompagner les danseurs amateurs dans leur solo, « et on ne voit qu’eux ».

Parce que l’Opéra de Paris l’a recalée – pour un corps de petite fille jugé « pas assez académique » –, Élodie Brillon a fait de « cette blessure qui reste » sa force, et de facto le choix d’emprunter des chemins alternatifs, loin des sentiers battus pris par les Petits rats… Des études de biologie et d’anthropologie, une école de théâtre, « l’équivalent de l’Actors Studio en France », une autre de cinéma documentaire, pour en faire son métier. Elle sera assistante réalisatrice et chargée de production, pendant près de 20 ans. En 2011, alors qu’elle cherche à s’émanciper du milieu du 7e art, elle rejoint en banlieue parisienne un collectif d’artistes de rue engagé autour de la question de l’environnement. Et la danse dans tout ça ? Toujours présente, comme un fil continu qui ne la lâche pas. Mais c’est à 30 ans qu’elle rechausse réellement les pointes.  

Élodie renoue avec la danse classique, la découvre contemporaine, part l’explorer avec les plus grands tels Alexandre Munz, ancien danseur de l’Opéra de Paris ! Elle s’initie aux pratiques somatiques, se forme au dao yin, développe « une pratique performative dans l’art du geste improvisé », de l’eau coule sous les ponts, puis elle arrive à Saint-Nazaire en 2017. Et crée l’année suivante l’association Pélopée, en clin d’œil à cette guêpe maçonne qui façonne patiemment l’argile, à l’image de la directrice artistique et de production pleinement investie dans l’édification de sa ruche collective. Là où les différences de chacun tissent un mieux vivre-ensemble, l’artiste protéiforme offre une pléiade d’alvéoles artistiques où se côtoient danse, théâtre, écriture, conte et arts visuels. Et accompagne, dans des projets de création, une pluralité de profils, de la maternelle à l’Ehpad, des personnes aussi touchées par la précarité sociale, la fragilité psychique ou le handicap… Sans lieu fixe, elle intervient in situ. En milieu culturel, dans les institutions médico-sociales, les établissements scolaires…  

Bal à danser 

Pour son prochain Bal à danser, elle investira les murs du conservatoire de Saint-Nazaire, dès janvier pour une scène ouverte prévue le 1er avril. Un concept qu’elle a mis en place dans le cadre de séjours vacances adaptées en 2013 avant « de le faire évoluer vers une forme spectacle plus développée », et de le jouer devant un public, la première fois en 2021 à Agora 1901, à l’occasion de l’événement Saint-Nazaire Ville accessible. S’en suivront d’autres…, au théâtre Jean-Bart avec l’association théâtrale Astrolabe44, sur le ring de la Soucoupe avec l’Office des sports. Au total, plus de 600 participants pour ce projet challenge « qui œuvre à l’expression de la diversité, au tissage de nos altérités, de nos différences », et où chaque acteur, valide ou non, danse la plénitude de son être, en toute liberté, en solo ou accompagné d’Élodie, laquelle souhaite à l’avenir enrichir ce projet plein d’humanité de la chaleur d’une performance musicale jouée en direct…