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Expos # Saint-Nazaire

Le dessin de presse s’expose, s’exprime, extase…

Plantu, Frap, Dominique Lemarié… Trois grands noms réunis autour d’une exposition qui fera date dans les annales du Fort de Villès-Martin. Le dessin de presse a son sommet !, du 31 janvier au 8 février.

Dominique Lemarié et Frap, pour cet événement organisé par le groupe Fort de la maison de quartier de Kerlédé, en partenariat avec la librairie Le Chaudron.

Plantu, que l’on ne présente plus depuis son premier dessin paru au Monde, en 1972. Cinquante ans sur tous les fronts, armé de son crayon, à caricaturer l’actualité mondiale, une célébrité en son royaume. Idem pour Frap à la mine acérée, cofondateur du journal satirique nantais La lettre à Lulu et dessinateur “coup de poing” de presse locale qui ne mâche pas ses croquis ! (lire interview, page suivante). Quant à Dominique Lemarié, elle se rêvait dessinatrice de mode lorsqu’à 20 ans la voilà projetée en plein procès du Watergate. Ce « tapis rouge » “étoilé”, elle le doit à sa tante du Pouliguen où la dessinatrice vit actuellement, et par alliance à ce « tonton américain caméraman et photographe de guerre, Bob, de la famille des frères Fleischer, figures majeures de l’animation (Popeye, Betty Boop…). Un beau soldat qui était chargé de déminer les plages de la région, et de Saint-Nazaire, d’où mon lien fort à cette ville ». De ce jour de 1974, où elle est devenue dessinatrice de presse judiciaire, Dominique s’en souvient comme si c’était hier : « J’étais assise à côté de Betty Betz, la meilleure dessinatrice des États-Unis, elle m’appelait mon petit poussin ! » À elle seule, quarante ans de carrière, entre les États-Unis et la France, à couvrir les plus grands procès, de la tentative d’assassinat de Reagan à la prise d’otages du palais de justice de Nantes, de Klaus Barbie à Bettencourt, de Papon à l’affaire du gang des barbares… Là où les caméras n’ont pas le droit de citer, elle y est, tout de noir vêtue pour se faire discrète, se glisse, se faufile et dessine à l’aquarelle l’actu en direct, le carnet sur les genoux, dans l’urgence, entre 10 et 15 dessins par audience. Elle en ressort « vidée » quand « les cauchemars » ne viennent pas la hanter, encore aujourd’hui. Le seul procès qu’elle a refusé ? : celui de Charlie Hebdo. « Je les connaissais tous, c’était ma famille. Je me serais écroulée. » 

Trois dessinateurs hors norme, trois styles, trois regards différents réunis à l’occasion d’une exposition remarquable où près d’une centaine de dessins seront présentés. 

à lire : Interview “coup de poing” avec le dessinateur de presse nantais, Frap. 

// au programme 

Vernissage, vendredi 30 janvier, en présence des artistes, sans Plantu. 

Visite du fort, samedi 31 janvier de 14h à 18h, suivie d’un débat avec la librairie Le Chaudron, 18h30, en présence des artistes, sans Plantu. 

Sélection de livres mis à disposition ou en vente, atelier…