[zoom] Rue Málaga
(Espagne 2026) comédie dramatique de Maryam Touzani avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane.
1h56.
Il est des films, comme ça, qui savent, avec de petits riens qui font tout, faire chanter la beauté. Et pas n’importe laquelle de beauté, celle de l’existence, dans tous ses états…, de vie à trépas, avec ses hauts ses bas, ici merveilleusement incarnée par une actrice à la tenue magistrale, Carmen Maura, alias Maria Angeles… Le prénom inspiré d’une vieille dame espagnole qui résonne à chaque coin de sa rue Málaga à Tanger quand elle y descend faire ses emplettes, savourer avec délice l’agitation qui s’y déploie, les odeurs qui s’y échappent. Ici, tout le monde la connaît, et elle connaît tout le monde. Elle y est née…, là-bas, pas bien loin, en haut de la colline, celle-là même qui, depuis son balcon, le lui rappelle tous les jours, sans qu’elle n’ait à s’en soucier. Ici, elle est chez elle, et y restera, bien enracinée…, dans sa cuisine à concocter ses plats aux couleurs d’Orient, dans son salon à écouter Toda una vida de Maria Dolores Pradera sur son inséparable tourne-disques. Jusqu’au jour où… patatras. Sa fille débarque chez elle, quasi à l’improviste, et décide stricto sensu de la virer – appelons les choses par leur nom – de son appartement pour le vendre ! Maria Angeles n’a que deux choix : la suivre à Madrid ou direction l’hospice. Elle en trouvera un troisième, bien à elle ! Qui l’emmènera dans des contrées inattendues… Chuuuuut ! Ce serait divulgâcher que de trop s’étendre sur ce joli petit écrin du 7e art qui ne peut laisser indifférent. Rue Málaga est une œuvre délicate, qui agace à certains endroits (on devine vite lesquels !), sensible qui questionne, émouvante qui touche en plein cœur. Une tragi-comédie pleine d’espièglerie, de tendresse, d’humour qui parle, entre confessions ubuesques, de silences – qui en disent long –, d’amour, d’exil, de vieillesse, de passions naissantes à l’heure où les “fleurs du cimetière” ont plutôt tendance à se faner… Que l’on croit !