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Chroniques # Besné # Montoir-de-Bretagne # Saint-Malo-de-Guersac

L’amour sous emprise en poésie

Dans ce premier recueil achevé à Besné, le compositeur-interprète Sébastien Macquet qui a fait la première partie de Tchéky Karyo, transforme une expérience intime et douloureuse en matière poétique. Rencontre.

Un jeudi de janvier, c’est l’histoire d’un amour sous emprise écrit en vers.., et “contre lui”. Insistons sur les guillemets…, car si cette ivresse passagère l’a, un temps, longtemps, « anéanti, dévasté, vidé de tout son être », littéralement il en ressort poète, faisant de cette matière « toxique » la lie de sa prose en émergence, sans penser, un seul instant, à la tournure qu’allait prendre cet épanchement de mots couchés sur le papier. « Au départ, c’était pour elle, comme il la nomme, une seule publication dans l’espoir de la reconquérir. Rien de plus. Et quand j’ai vu l’objet, que je l’ai eu entre les mains… », il s’est dit « pourquoi pas ». Ni une ni deux, les maisons d’édition en ligne de mire, Sébastien Macquet, Normand de naissance, Besnéen d’adoption, se met à la tâche, peaufine, remanie, remodèle, l’édifie en trois temps – L’espoir, Le manque, La raison –, réfléchit avec son ami illustrateur, Maxime Foulon, à une couverture qui fera, assurément, son petit effet. Et l’envoie. Bingo, sur la vingtaine démarchées, dix se disent prêtes à l’éditer. Il choisira l’indépendante parisienne, Le lys bleu. Un coup d’essai remarqué qui, depuis sa sortie en janvier, fait son petit bonhomme de chemin, doucement mais sûrement.  

L’écriture comme thérapie  

Une interview pour Télénantes, et des retours de lecteurs dithyrambiques, « nombreux sont ceux à me dire qu’ils se retrouvent dans mes poèmes ». Ça parle, ça résonne, ça chavire, ça bouscule… « L’amour, la séparation, le deuil de l’être aimé…, des thèmes inexorablement universels, et puis c’est facile à lire », (r)assure le jeune trentenaire qui, dans ce premier recueil de 26 poèmes, se met à nu, ose défier, arpenter les sentiers ténébreux de la santé mentale, la dépression, le néant existentiel, le silence… Ravages de l’amour. Naufrage. Et l’écriture comme thérapie. Des écrits, des fragments de douleur, d’espoir qu’il mettra peut-être un jour en musique – lui qui écume les bars et festivals depuis plus de 20 ans, ses compos, sa voix et sa guitare en bandoulière, sous son nom de scène Lately –, s’il ne garde pas son rythme de croisière poétique. Car forcément, ça le titille de reprendre la prose : « Sur autre chose, j’y pense. Sur mon enfance », pas très rose. Comme ses roses, là, posées, sur ce banc, Un jeudi de janvier « où mon âme, pour elle, s’est évadée… » To be continued.  

// Rencontre avec le poète 

Vendredi 3 avril de 9 à 12h et de 14h à 18h, Super U, Montoir-de-Bretagne. 

Les 25 et 26 avril, dans le cadre du Printemps des artistes, Saint-Malo-de-Guersac.