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Portraits # Saint-Nazaire

Un chef qui s’en donne… à chœur joie !

Soldats de plomb, Journal de Mickey, orgue de Barbarie… Derrière ce polypassionné se cache surtout un infatigable chef de chœur. Depuis 45 ans, il fait vibrer les voix… et s’apprête à offrir à Saint-Nazaire le tout premier concert en solo de Vox Hominis, un (rare) chœur d’hommes a cappella.

C’est chaussé de charentaises imprimées à l’effigie des Tontons flingueurs que le passionné de cinéma jusqu’au bout des pieds et chef de chœur inspiré Christophe Vincent nous ouvre grand les portes de son cabinet de curiosités créatives, bazar des passions improbables… Auteur de bandes dessinées « jamais éditées », inventeur d’un jeu de 7 familles « écoulé à la sauvage à 1000 exemplaires en 40 ans, pour initier la musique aux enfants », collectionneur invétéré de figurines de Disney, il conserve d’impressionnantes piles des numéros du Journal de Mickey ou encore de Spirou, qu’il relie avec un soin artisanal. Grand « fan » du Second Empire, arborant une moustache impériale comme un étendard au vent, prêt (dans un futur proche) à mener ses 4 000 soldats de plomb à l’assaut pour rejouer, tambour battant, la bataille de Waterloo, il fait aussi vibrer son orgue de Barbarie, chaque été, en costume d’époque – s’il vous plaît –, devant la collégiale de Guérande quand il ne fait pas vibrer les cordes vocales !  

Une chorale pas comme les autres 

Car parmi toutes ces passions, il en est une qui l’anime, depuis des lustres, au plus haut point… D’ailleurs, il « ne vit que pour ça », au point qu’il rêve, comme Molière, de se voir « partir sur scène…, en faisant chanter ». Quarante-cinq ans que ce désormais retraité, toujours aussi « hyperactif », comme il se décrit, dirige des chorales, une trentaine au total au fil d’une carrière rondement orchestrée. Aujourd’hui, « à mi-temps », il en conduit cinq par semaine ! À Guérande, La Turballe, Piriac, Saint-Gildas-des-Bois et à Saint-Nazaire où on le retrouve à la tête de Vox Hominis qu’il a créée en 2016, pile 10 ans. Une chorale franchement pas comme les autres. Sa particularité ? Il s’agit d’un chœur d’hommes à quatre voix a cappella. Une rareté qu’il convient de souligner. Et ce n’est pas Christophe Vincent qui dira le contraire, lui qui, en quatre décennies passées à écumer les scènes, n’en a « côtoyé que deux ! » Et autre fait exceptionnel… La chorale, habituée à partager l’affiche lors de grands événements (Fête de la musique, Les Musicales ou encore Retina auquel elle participera, dimanche 15 mars), se produira, samedi 7 mars, pour la première fois, en solo : « On voulait faire un grand concert, qui plus est dans ce superbe écrin acoustique qu’offre la galerie des Franciscains. Il y aura des chants basques, corses, italiens, irlandais, des chants de marins, du jazz, du gospel et même Le lion est mort ce soir… On n’a pas tous les jours 20 chants ! Le public va être surpris », promet celui qui aspire à raviver l’image un peu vieillotte qu’on se fait des chorales, et sollicite les jeunes à venir rejoindre les rangs de Vox Hominis !  

De l’opéra au Petit Beurre ! 

« On recrute, on recrute », lance-t-il enthousiaste, lui qui a toujours été bercé dès son enfance par les chœurs – ceux de son père, chanteur lyrique à Graslin : « J’ai été nourri à l’opéra ! Il m’y emmenait deux à trois fois par mois ! », raconte-t-il, lui qui aurait aimé suivre la voie du “Petit LU”, « son surnom, un clin d’œil à mon arrière-grand-père, inventeur de la pâte du célèbre Petit Beurre ». Mais la vie en a décidé autrement. Diplômé du conservatoire de Nantes, c’est tout naturellement qu’il se tourne vers l’enseignement de la musique et… du chant. C’est à lui aussi qu’on doit la création en 1989 de l’école de musique de Toutes-Aides, installée dans les anciens bains-douches du Bréchoir, devenue depuis une antenne du conservatoire. Et pendant ce temps-là, il faisait déjà vaciller les chœurs… 

// Vox Hominis en concert 

Samedi 7 mars, galerie des Franciscains, 20h30, participation libre.
Dimanche 15 mars, église Notre-Dame d’Espérance, 17h, tarif : 10 € au profit de Retina France, Mille chœurs pour un regard.