[zoom] Plus fort que moi
(Royaume-Uni 2026) drame de Kirk Jones avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake.
2h01.
Un fuck the Queen lâché tout de go devant Élisabeth II elle même qui, contre attente protocolaire, ne bronche pas d’un iota, ça troue le c…, comme dirait, sans doute plus vulgairement, le protagoniste malgré lui de cette royale insulte, John Davidson, que la souveraine vient de décorer de la médaille de chevalier de l’ordre de l’Empire britannique. De cette scène surréaliste et pourtant bien réelle, le réalisateur en a fait l’entame de ce biopic renversant. Une entrée en matière détonante qui plante le décor d’un parcours de vie semé d’embûches, de tics incontrôlables, de solitude, de résilience, de fucks et Cie involontaires, de coups de poing compulsifs, d’envolées peu lyriques qui ne tombent pas toujours au bon moment, de grimaces contorsionnées, de sensibilisation et de bienveillance…
Car si John a souffert de cette pathologie incurable qui a bouleversé sa vie d’adolescent prometteur, explosé la cellule familiale… Car si John a souffert du regard des autres, de l’incompréhension et de l’indifférence générale qui va avec, l’isolant chaque jour de plus en plus dans son fracas cérébral, et le poussant fatalement à penser au pire…, par le soutien de quelques-uns, surtout une, qui lui ont tendu la main, il a su faire de cette souffrance personnelle une force collective, en donnant une visibilité, et ses lettres de noblesse à ce syndrome alors trop méconnu et pas reconnu comme tel, nommé Gilles de la Tourette. Qui touche 0,5 % de la population, soit un Français sur 200 (source : Institut du cerveau).
Plus fort que moi raconte la vie vraie de cet Écossais – incarné par un acteur à son image, exceptionnel – que cette maladie neurologique n’a pas épargné, envers et contre lui. Un film poignant, à fleur de peau, pas forcément drôle, on pleure, on sursaute, on a mal avec lui, on a peur pour lui, on sourit un peu, on savoure les situations cocasses qui pourraient nous faire exploser de rire si des milliers de personnes dans le monde n’en souffraient, on s’insurge à la pensée que ce syndrome pris à la légère ne fasse pas parler davantage, si ce n’est trop souvent de façon désinvolte et comique. Il suffit de voir John pour le comprendre. Qui se bat, l’étendard au vent. Devenu ainsi le porte-parole des “Tourette”. Chapeau et fuck !