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Rendez-vous # Saint-Nazaire

Zones Portuaires met le cap sur l’Irlande

Du 5 au 10 mai, le festival de cinéma Zones Portuaires jette l’ancre en Irlande. Après Helsinki et ses 5 500 entrées, Beyrouth, Lisbonne ou encore Dakar, c’est au tour de l’île d’émeraude de faire tanguer les quais nazairiens et ses toiles, toutes voiles dehors. Une 11e édition 100% craic !

La fille de Ryan

Ceol, céili agus craic”, avec cette expression que l’on traduit mot à mot par musique, bal et plaisir à l’irlandaise, Zones Portuaires annonce clairement la couleur ! Entre ambiance pub, Guinness qui coule à flot (avec modération), fléchettes et folklore traditionnel, l’asso-
ciation Cales Obscures, installée du 5 au 10 mai au Life – le cœur battant du festival – vous fera vivre une expérience immersive hors des frontières hexagonales. Une invitation à plonger les yeux grands ouverts dans une culture insulaire où « 
le cinéma se mêle aux récits, aux luttes et aux chants », souligne Armelle Sèvre, réalisatrice et coordinatrice de l’association organisatrice. Focus sera mis sur une Irlande « intensément politique, marquée par une relation profonde avec son émigration et une histoire mouvementée par les troubles en Irlande du Nord », cicatrices encore vives d’un passé conflictuel. Mais l’île ne se résume pas à ses luttes. Terre de poésie, de littérature et de musique, elle inspire un cinéma profondément ancré. De Cork à Belfast, en passant par Dublin et Galway, le festival proposera un étonnant voyage portuaire, au fil des images et des histoires. Au total, 25 invités – réalisateurs, monteurs, chercheurs, acteurs, journalistes, tous experts en leur royaume – et 44 films, « engagés et politiques, à l’image de son peuple, résistant », qui naviguent entre patrimoine et création contemporaine. Et des films aussi Jeune public. L’ensemble programmé dans divers lieux et cinémas associatifs d’ici et d’ailleurs…  

Belle entrée en matière 

Le coup d’envoi sera donné ce mardi 5 mai à 19h avec un ciné-concert autour de L’homme d’Aran, chef-d’œuvre de Robert Flaherty sorti en 1934. Ce film, « véritable ode à la rudesse et à la beauté des îles d’Aran », sera sublimé par la renommée musicienne Christine Ott (piano et harpe), accompagnée de Mathieu Gabry (claviers et boîte à bourdons). Pour celles et ceux qui n’auraient pas pu assister à la première, une seconde représentation se tiendra le lendemain, même lieu, 20h. 

Ambiance pub et bal irlandais 

Impossible de parler d’Irlande sans évoquer ses nuits festives. Vendredi 8 mai à 20h30, le Life se transformera en pub géant pour un grand céili : violons, bodhrán, flûtes accompagneront les pas des danseurs — néophytes ou pas – guidés par la chorégraphe Karine Luçon, au son du Irish time trio. Et parce que le craic ne s’arrête jamais, le festival organisera concours de fléchettes en duo, blind test, karaoké et rencontres littéraires. Parmi elles, un détour par la vie tumultueuse de Edna O’Brien avec le documentaire Blue Road, retraçant le destin d’une écrivaine longtemps censurée dans son propre pays.
Et cerise sur l’apple cake, une initiation au football gaélique grandeur nature sera proposée aux petits comme aux grands, mercredi 6 mai, 14h.  

Clin d’œil à Ulysse 

Inspirée par une première lecture d’Ulysse de James Joyce, Deirdre Brennan a choisi pour cette exposition nommée Following Ulysses de s’approprier « la structure complexe du roman » pour créer un miroir visuel du Dublin contemporain. À travers ses images, « elle explore les multiples facettes de la ville… Sa culture vibrante, ses enjeux politiques, ses personnages singuliers et les luttes sociales qui façonnent la vie quotidienne. Chaque photographie devient ainsi un chapitre, une réflexion sur l’identité d’une ville en mouvement ». 

Du côté du Vip 

Samedi 9 mai, on commencera par une causerie avec Alexis Thébaudeau qui explorera l’histoire du cinéma irlandais et le rôle essentiel de la musique joué sur grand écran. Le Nazairien et DJ Zôl enchaînera avec un live hybride où machines et instruments se croisent dans des sons électroniques organiques et pop, avant que Paloma Colombe n’embrase la scène avec un DJ set engagé, entre techno, bass music et percussions endiablées. 

Partenariats, cartes blanches, etc. 

Zones Portuaires, c’est aussi l’occasion de croiser les regards…  Ainsi, cartes blanches seront données au Festival international du film de Cork, l’un des plus anciens au monde. Idem pour son homologue brestois Longueur d’ondes, avec la projection du documentaire radio Une bataille, pas la guerre, sur les dockers de Dunkerque, suivie d’une rencontre avec son réalisateur Antoine Tricot. 

Autres temps forts : la projection de Crock of Gold de Julien Temple, introduite par une prestation musicale des élèves du conservatoire de Saint-Nazaire. De son côté, l’école des Beaux-Arts proposera, les 6 et 10 mai, une installation audio-
visuelle performative et protéiforme, en partenariat avec le Grand Café.
 

// Vedettes : un docu 100 % local 

La Nazairienne Armelle Sèvre, réalisatrice et coordinatrice de l’association Cales obscures et le réalisateur nantais Marc Picavez sont allés, caméras au poing, à la rencontre de Dominique, Arlette, Éliane, Nicole, Hélène, Gaston… Entre instants de convivialité et confidences intimes, ils esquissent un portrait sensible de ces résidents d’une résidence autonomie à Saint-Nazaire pour nous « amener à réfléchir au passage du temps ».
Projection en avant-première, dimanche 10 mai, 14h, au Life.