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Cinéma # Ciné Donges

[zoom] Histoires Parallèles

(France 2026) drame d'Asghar Farhadi avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Pierre Niney.
2h19.

Note de la rédaction :

Bon déjà, on ne va pas se le cacher, la distrib’ en jette ! Huppert, Bessa, Efira, Cassel, Niney, Deneuve, Hair… Un casting 3 étoiles au Guide Michelin du 7e art, une brochette Royal Deluxe à la sauce Asghar Farhadi. Bref, un plat – pour ne pas y aller avec le dos de la cuillère – qu’on savoure, il est vrai, avec délectation, mais sans réelle conviction, un chouia trop surfait, surjoué ! 

L’entrée des acteurs consommée, passons au cœur du menu : Histoires parallèles ou comment le cinéma français a chopé le virus du voisin voyeur ! Après Le crime du 3e étage à la sortie récente, qui faisait clairement écho au légendaire Fenêtre sur cour signé du grand maître du suspense, voilà que le cinéaste iranien à la filmographie reconnue et engagée joue sur le même terrain hitchcockien. Tout y est, à moindre mesure… Une lumière, en verre ciselé ; une bande originale qui pianote tout en finesse, le souffle strident et nerveux d’Herrmann en moins ; une intrigue, magnétique, mais sans réelle tension, et une Isabelle Huppert en Grace Kelly revisitée !, romancière ermite et foutraque en panne d’inspiration ! 

Alors, quoi de mieux pour nourrir son imagination que de braquer son télescope sur ses voisins de l’immeuble d’en face, un trio de bruiteurs qui, par le prisme de ses fantasmes romanesques, devient trio amoureux, le réel comme matière première à sa fiction, laissant place à toutes les folies créatives possibles et imaginaires. Mais ce roman à suspense, déjà revu et corrigé, ne convainc pas son implacable éditrice, trop conventionnel. Désabusée, elle va jusqu’à remettre en question son existence même d’écrivaine (longtemps à succès) et demande alors à son factotum, arrivé dans sa vie par le hasard d’une rencontre “volée” dans le métro (et incarné par le ténébreux Adam Bessa), de se débarrasser de ses manuscrits…  À la moitié du film, ce dernier s’en empare. Dès lors, le film bascule. Le jeu de piste déjà mollement entamé devient plus captivant. La fiction vient davantage percuter le réel, le réel s’embrouiller avec la fiction et vice-versa. On ne sait plus, on s’observe les uns les autres, les esprits se font soupçonneux… Qui trompe qui ? Qui épie qui ? Qui ment à qui ? Qui aime qui ? Qui est qui in fine ? Derrière ces questions à l’infini, Asghar Farhadi ausculte les tréfonds de l’âme humaine (bien belle matière à fiction !), sa solitude, ses désirs refoulés, ses névroses, ses psychoses, ses obsessions intimes, ses secrets enfouis… Plus qu’un thriller (pas vraiment) psychologique (assurément), Histoires Parallèles est aussi et surtout, à sa manière, une ode à l’acte d’écrire.