[zoom] Michael
(États-Unis 2026) biopic d'Antoine Fuqua avec Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long.
2h08.
To Bad or not to Bad ? Allons, évitons de jouer les (mauvais) Shakespeare sur du Michael Jackson… Quoiqu’il aurait pu, à quelques siècles près, s’en inspirer ! Après tout, qui mieux que le maître des tragédies pour mettre en scène le destin hors norme et tourmenté du roi de la pop ?
Galéjade mise à part, car derrière cette affaire (de jeux) de famille… – à la production, je veux son ami et manager au long cours, John Branca, qui plus est exécuteur testamentaire de l’artiste et président de la Michael Jackson Company ! ; à la coproduction, je veux Prince, l’un de ses fils et pour incarner le personnage aussi peu controversé soit-il à l’écran, je veux Jaafar, son neveu, tant qu’à faire !
Donc, on reprend… Galéjade mise à part, car derrière ce business familly qui ne s’en cache pas, le marionnettiste-réalisateur Antoine Fuqua (Shooter, tireur d’élite ; Equalizer (1, 2 et 3) ; Les 7 Mercenaires version remake…, pour ne citer qu’eux et situer le style) n’a sans doute guère eu son mot à dire, ou peut-être que si. Dans ce cas, on serait ici face à ce qu’on titrerait non sans ironie “Petit crime de complaisance entre proches !” Bref, le fait est… C’est trompé, c’est tronqué. Tout se joue sur un seul et même tableau, là où la lumière règne en maître, jusqu’à éclipser presque entièrement la part d’ombre de Michael Jackson. Celle, n’y allons pas par quatre chemins, où il est accusé de pédocriminalité. De cet aspect hautement médiatisé, il n’en est nullement question ! À la décharge des ayants droit, le film prend fin en 1988, soit trois ans avant que la première affaire n’éclate au grand jour. Espérons qu’il sera mentionné dans un 2e opus, si suite il y a (tout porte à croire que oui).
Cela dit, on s’en tiendra à cette première hagiographie ô combien édulcorée qui retrace le parcours du chanteur, de ses 10 ans à ses 30 ans, de ses débuts d’enfant star à la star interplanétaire devenue icône éternelle. Le tout, soit en minimisant le pire (exemple avec ce père encore plus tyrannique dans la vraie vie qu’il n’y paraît à l’écran), soit en occultant carrément toute une partie des zones d’ombre, tensions et autres controverses (exemple avec les témoins de Jéhovah dont on ne fait pas mention) qui ont façonné l’artiste, et fait de lui, malgré tout, un Dieu vénéré, tel qu’il en ressort dans cet élogieux et à demi fallacieux biopic où les fans, un peu trop omniprésents, ne se contentent pas de hurler mais tombent comme des mouches à chacune de ses apparitions.
Bien évidemment, le principal est là : les Jackson Five, ses débuts en solo, sa rencontre avec Quincy Jones et la sortie de Off the wall, Fred Astaire, Charlie Chaplin, son singe Bubbles, son accident chez Pepsi, son syndrome de Peter Pan, son isolement, son obsession du bistouri, son moonwalk… Thriller, incontournable, qui l’a propulsé au rang de superstar, Billie Jean, Bad qu’on réécoute avec un plaisir intact et une nostalgie assumée, toute une enfance ! Bien qu’à l’esprit, reste à dissocier l’œuvre de l’artiste…
Si le film vous laisse sceptique ou sur votre fin, le documentaire Michael Jackson, l’envers d’une légende de Rob Coldstrean, à regarder en replay sur France Télévision, est une véritable mine d’or pour qui veut comprendre les dessous d’une trajectoire hors du commun, entre génie artistique et scandales. Sinon, autre option, autre ambiance. Direction le ciné Malouine, samedi 23 mai, où Christophe Pâris, le sosie lorientais de la star américaine, sera sur scène pour un show d’avant-projection so so revival… Who’s bad ?