Retour à l'agenda
Rendez-vous # Saint-Nazaire

Un festival artistic’Eau-scientifique !

Du 14 au 25 mai, l’eau se fait la scène vivante de formes atypiques et d’expérimentations insolites. Le Festival de l’eau imaginé par Athénor invite à une traversée musicale et artistico-scientifique de Saint-Nazaire à la Brière. Concerts nichés dans les jardins ou sur une pêcherie, échappées sonores en chaland, en voilier ou à pied, improvisation au tumulus ou triathlon musical, labs créatifs ou docu-naturaliste…

Troisième Nature, de Diane Schuh.

C’est une première. Pour cette 3e édition tout en nouveautés, Athénor accueille l’école d’été de recherche-création Useful Fictions, initiée depuis six ans par l’Institut polytechnique de Saclay-Paris. Ainsi, le temps du festival, à l’occasion de laboratoires créatifs consacrés à des thématiques variées telles Le son du silence, L’eau en chambre noire…, une trentaine de chercheurs, d’artistes et de citoyens « construiront ensemble de nouveaux récits autour de l’eau », souligne Camel Zekri, compositeur-guitariste virtuose et directeur du Centre national de création musicale de Saint-Nazaire. De ces dialogues collaboratifs jailliront des installations, des performances et des rencontres ouvertes au public (les 23 et 24 mai). Autre installation à la croisée des arts et des sciences, Troisième Nature, de Diane Schuh qui est allée enregistrer les “voix” des plantes du jardin du Tiers-Paysage de Gilles Clément avant qu’elles ne disparaissent du… paysage ! Dans cette même dynamique de dialogue entre disciplines, un documentaire sur l’audio-naturaliste et créateur sonore Marc Namblard sera projeté au Tati. En amont, une table ronde sur les enjeux de coopération entre chercheurs et créateurs sera organisée en partenariat avec le Parc naturel régional de Brière, qui a décroché en septembre 2025 le label Réserve de biosphère de l’Unesco.  

« Ces trois temps forts ne doivent rien au hasard. Ils préfigurent ce qu’on va développer en 2027. À savoir, créer notre propre université d’été arts-sciences, annonce Camel Zekri. Ainsi, chercheurs, artistes pourront continuer à interroger le vivant, à questionner les transitions énergétiques qui nous imposent de repenser nos manières d’habiter les milieux, et se poser cette question cruciale : comment travailler, créer en respectant son environnement ? » Qu’il soit naturel, urbain, industriel ou bien patrimonial… 

Entre patrimoine et mémoire 

D’ailleurs, ici, le patrimoine se fait aussi musique… Avec Impression marée montante, entre paysages maritimes, arts visuels et improvisation, les tableaux se transforment alors en écritures sonores. Une expérience inédite à vivre à la harpe et au violoncelle, autour de cinq œuvres issues des collections de Saint-Nazaire et de trois créations contemporaines présentées par le Grand Café. Et difficile d’aborder l’eau, la mer sans évoquer la mémoire de l’esclavage et des corps engloutis dans ces cimetières aquatiques. Avec Je crois qu’il va pleuvoir, Véronique Kanor et Célimène Daudet feront résonner les mémoires des mondes caribéens et coloniaux, entre poésie et piano, Haïti, la Martinique, Saint-Nazaire et la Brière. 

Atypique et nouveautés 

Du côté des concerts vachement atypiques…, à noter celui de Gwen Rouger qui vous fera embarquer, seul, dans sa bétaillère pour un voyage sonore avec, en vedette, des vaches drôlement inspirées ! Sans oublier les promenades musicales en chaland, à pied, en voilier, en kayak et les concerts aux jardins ou dans une pêcherie du front de mer. Ou encore, tout nouveau au programme, la performance, au Tumulus de Dissignac, d’un des artistes incontournables de la scène improvisée, le saxophoniste Michel Doneda, et l’étonnant triathlon musical qui alliera navigation en pirogue (en mer, une première), balade côtière et concert face à l’océan avec le saxophoniste Daunik Lazro et l’altiste Julia Robert. Que rêver de mieux ! 

Bagad en ouverture de festival 

Et rien de tel que de finir par le commencement ! L’ouverture du festival, jeudi 14 mai, imaginée « comme une traversée sonore et poétique du port » sera l’occasion de belles rencontres… Les sonorités bretonnes du Bagad de Saint-Nazaire dialogueront avec le chant basque de Beñat Achiary, dans un mélange de tradition et d’improvisation. Entre autres duos improbables, déambulations et performances. Du toit de la base sous-marine jusqu’au théâtre de verdure, entre terre et estuaire. Du 14 au 25 mai, une date toujours calée selon la Lune, les marées et les rythmes de la nature… Qu’il faut savoir écouter au fil de l’eau.