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Portraits # Loire-Atlantique # Saint-Nazaire

Fascine’ante créature

En 2020, Fanny Coléno retrouve ses terres nazairiennes et donne naissance à Fascine, son alias sur scène. Cinq ans plus tard, après moult pérégrinations théâtrales et carcérales, l’artiste la fait ressusciter et sort Je rature, premier extrait d’un EP autoproduit attendu fin 2026 où liberté d’être soi se conjugue au féminin, sur fond d’opéra rock !

2020. Covid. Temps suspendu, et une page qui se tourne pour Fanny Coléno… Ce jour-là, la porte de son petit studio parisien se ferme derrière elle. Elle part se réfugier à Saint-Nazaire, sa ville natale, et en profite pour faire de cette parenthèse temporelle – où les mots et mélodies se sont éveillés pour ne plus la lâcher –, son espace de création pour s’ériger « une vie sur scène »…, avec Fascine, le nom de scène que choisira Fanny, la créatrice de la créature en devenir.  

Et pourquoi avoir attendu 2020 ? : « Pas eu le temps d’y penser avant ! » Les Irréductibles d’Aristide-Briand, et tout s’enchaîne… Direction Tours, puis Paris où elle décroche une licence de musicologie à la Sorbonne, intègre le conservatoire Nadia-Boulanger, et poursuit dans une école de théâtre. Ses diplômes en poche, Fanny multiplie « les petites choses », donne des cours, des ateliers…, de théâtre, de chant et/ou de comédie musicale un peu partout. Au cœur des quartiers de Paris, dans les écoles de musique, les centres d’animation, mais aussi auprès d’associations, notamment pour des personnes malvoyantes, et en milieu carcéral, à Fresnes dans la prison des femmes, et à Nanterre dans celle des hommes. “Des petits riens” ! 

De Londres à Avignon 

Autant d’expériences qui lui ont appris une chose : « L’humilité », confie celle qui, « tel un besoin d’exister », se voyait déjà en haut de l’affiche, à l’aune de cet été semi-covidien de 2020, quand elle peaufinait les derniers arrangements de ses chansons dans les studios londoniens de son alter ego compositeur Ben K, et retouchait son look rétro années 80, version coquine ou sauvageonne. Fascine était née… Quelques dates avec deux choristes en 2021/2022. Sans suite. Parallèlement, avec différentes compagnies théâtrales et musicales, elle se produit entre Nice, le Maroc et ailleurs, en passant par le festival d’Avignon avec Cendrillon et Le Prénom… « Addictif ! J’ai hâte de repartir sur les routes. Je passe des castings », confie Fanny qui ne lâche rien, « même si ce milieu est de plus en plus dur ».  

De la romantique à la panthère 

À peine rentrée au bercail – cette fois pour de bon – qu’elle est déjà sur toutes les lèvres. Fascine revient sur le devant de la scène – « sans rêver de notoriété, pour ne pas s’y perdre » –, dans un format hybride « avec les mêmes textes d’il y a cinq ans, mais retravaillés, plus épurés », en solo et autoproduction. Je rature, son premier single est sorti le 10 juin dernier, accompagné de son clip tourné à Donges et sur le front de mer de la cité portuaire. Un avant-goût de son EP, Héroïne, un 6 titres attendu pour la fin de l’année, qui s’écoutera comme un livre audio, chanson après chanson, « entre réel et fantastique, pop électro, comédie musicale, opéra rock et musique de film ». Pour ce projet, elle a le soutien de la scène des musiques actuelles du Vip, et cherche des lieux de résidence pour travailler sa création. Un cabaret digne de ce nom pour une ode à la femme, sous toutes ses coutures… Panthère, romantique, libre, enfant, assumée, alternant cuissardes et robes à frou-frou avec cette énergie « fun et excentrique » qu’incarnaient les Jeanne Mas, Mylène Framer et autres Kim Wilde qui l’inspirent. Toute une époque que Fascine réhabilite à sa manière. Comme un besoin de revival. So good.