[zoom] La vie d’une femme
(France 2026) comédie dramatique de Charline Bourgeois-Tacquet avec Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling.
1h38.
En toile de fond, l’hôpital public en crise. En son cœur battant, Gabrielle, chirurgienne de renom et cheffe de service surinvestie, la cinquantaine passée élégante, sans enfant tout en consentement, le verbe bourgeois à la répartie fleurie, plutôt du genre… montée sur des ressorts. Jamais de répit, dans un mouvement discontinu, sur tous fronts avec, sur le dos, sa « dose de personne à charge ! ». Une mère Alzheimer à protéger, une mission (sous-jacente) en Ukraine à préparer, un neveu lointain et indécis à réconforter, de jeunes internes à recadrer, un père fantôme dépressif, des tensions dans le couple à esquiver. Et la poudre d’escampette… D’abord physique, appartement séparé. Puis sentimental, en la naissance d’un amour qui n’ose s’avouer. Le tout, entre deux reconstructions faciales et annonces à la chaîne de tumeurs.
Plombant…, ce film court (ça arrive encore !), si la « Robocop » des temps modernes, le « moine soldat » qui a tout sacrifié pour embrasser la haute « mystique du grand chirurgien », ne jouait pas des tours à la destinée avec cet humour naturel qui fait de la lourdeur de la vie une matière plus légère. À prendre comme elle vient, sans plus « se laisser emmerder par le passé ».
Plombante…, cette chronique en 11 micro-chapitres pourrait l’être, si elle n’était portée par une imagerie poétique, feutrée, pleine de douceur et enveloppante, comme un cocoon qui l’empêche de sombrer dans le pathos. Jamais dramatiser… La maladie, si terrible soit-elle, devient, l’instant d’une seconde, joyeuse, les amours librement volages caressent la résilience, l’abandon douloureux panse ses plaies… La vie, pétrie de petits et de gros bobos, avance ainsi, fragile et cabossée, mais toujours vivante. À l’image de Gabrielle, qui ne lâche rien, admirablement incarnée par Léa Drucker qui joue là aux côtés d’une Mélanie Thierry sensuellement et discrètement envoûtante et d’un Charles Berling qui tient, sans forcer sur le champignon, la route… Sans mauvais jeux de mots !