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Expos # Saint-Nazaire

De déchets marins à œuvres : l’art de Sixtine Sévrière

Architecte d’intérieur et plasticienne océanique depuis quatre ans, Sixtine Sévrière récupère les déchets sur les plages pour en faire de véritables œuvres d’art. Artiste engagée, elle met son travail au service de la planète, et éveille les consciences à travers ses actions et ses créations. À découvrir jusqu’au 27 septembre à la galerie Ar Men Du.

Artiste plasticienne océanique. Artiste pour le côté création, plasticienne pour la diversité d’arts qu’elle maîtrise, et océanique en clin d’œil à la matière première que lui offre le littoral. « Certains s’expriment en parlant, d’autres en écrivant… Mon moyen d’expression à moi, c’est l’art visuel : la sculpture, la peinture… », explique Sixtine Sévrière. Née en Île-de-France, la trentenaire passe par Paris et Bruxelles avant d’atterrir à Saint-Nazaire il y a trois ans. « Ville cosmopolite, sur la côte Atlantique et avec un grand brassage culturel », l’idéal pour son art, d’ailleurs mis en avant lors de l’exposition Cargo avec Les Mouvants. 

Artiste chineuse 

Pas de journée type dans le quotidien de Sixtine. Avec un atelier installé chez elle, elle créé ses œuvres à partir de déchets récoltés sur les plages. Une méthode qui demande de la patience… beaucoup de patience. Elle a à cœur d’attendre que l’océan lui donne les éléments nécessaires, et de ne pas avoir recours à « la facilité d’acheter les matières premières ». Le seul endroit où elle s’autorise à payer pour ses œuvres, c’est la brocante, où elle chine des objets de seconde, triple ou quadruple main. Ainsi, durée de conception de la dernière œuvre en date : deux ans et demi. Une étendue dans le temps, bénéfique et inspirante : « Le temps long permet de changer de direction, il peut réaiguiller », précise la plasticienne. Avec plusieurs pinceaux à son arc, Sixtine touche à tous les arts visuels : sculpture, peinture, et travaille avec un photographe pour capturer ses œuvres. Un travail donnant vie, par exemple, à une brochette de cinq grammes de plastique, représentant la quantité que nous ingérons en une semaine. Son inspiration ? Elle la puise essentiellement auprès des scientifiques. « Je suis très curieuse, je vais à des conférences, j’écoute d’autres personnes parler pour m’inspirer », ajoute l’artiste. 

Architecte engagée 

Formée à Paris à l’école d’architecte d’intérieur Camondo et en free-lance, Sixtine a une autre mission sur les épaules : « Former [ses] clients à vivre avec ce qu’ils ont déjà, et améliorer leur cadre de vie sans avoir recours à une solution radicale ». Un acte avec une dimension écologique, qui, au-delà d’aider les autres à mieux se sentir dans leur chez-soi, permet de limiter la surconsommation, et apprend à utiliser ce qu’on possède déjà. Elle dessine des plans et fait des modélisations 3D. Une profession discrètement présente dans sa façon de travailler son art. « De temps en temps, je fais des croquis de mes futures œuvres. C’est typiquement un réflexe d’architecte, de poser sur papier. » 

Artiste sensibilisatrice 

Avec une âme artistique logée en elle depuis l’enfance, et un réel rapport intérieur avec la justice et le respect, c’est dans la logique des choses qu’elle se tourne vers des démarches engagées. Actions de sensibilisation dans les écoles et les Ehpad, et bénévole à Surfrider (association de protection de l’océan). Avec leur programme Retrace !, Sixtine participe à des collectes sur les plages. L’objectif étant de ramasser des déchets, pour produire des datas, et espérer pouvoir changer les lois. « Aux collectes, le fait d’être ensemble fait autant de bien que de nettoyer ! ». Bien placée pour voir à quel point l’humain pollue les océans, Sixtine pourrait désespérer… loin de là ! « J’ai confiance en l’avenir, les gens ont envie d’un monde meilleur pour eux et leurs enfants. » Grâce à ceux qui, comme Sixtine, se mobilisent, peut-être que prendre soin de notre planète et des océans n’est pas une bouteille à la mer… Du grand art !