Balade au gré des moulins
L’histoire des moulins, est aussi celle de notre région. À travers les 93 sites meuniers présentés dans Moulins et meuniers en région nazairienne, on traverse les siècles et le territoire. À découvrir à pied, à vélo ou comme bon vous semble…
Les auteurs nous plongent au cœur de la vie des meuniers des dix communes de l’Agglomération. Jacques Puzenat, petit-fils de meunier, remonte le fil du temps en fouillant archives, actes et cadastres. Il rappelle que ce patrimoine, aujourd’hui méconnu, a pourtant dominé le paysage pendant des siècles : « Certains moulins guidaient même les bateaux », aime-t-il rappeler.
Grégoire Judic, carnet de croquis en main, arpente le terrain pour retrouver chaque tour encore debout, ou ce qu’il en reste. Christian Morinière et Jean-Yves Madec, eux, ont fixé sur leurs photos les silhouettes restaurées comme les ruines oubliées, après avoir photographié tous les moulins encore existants entre fin 2025 et début 2026, « pour que rien ne s’efface », ajoute Christian.
Des ailes coupées par l’Histoire
La balade démarre à Donges. Au XIXᵉ siècle, onze tours à vent sont en activité. Aujourd’hui, seul le moulin Neuf, dit d’Assac, restauré en 2003, tient debout. Sauzereau est désormais invisible, il a été avalé par la raffinerie.
À La Chapelle-des-Marais, comme partout en France, après la Révolution, les meuniers obtiennent le droit de construire : onze édifices sortent de terre entre 1797 et 1875. La minoterie édifiée en 1930 produit comme dix moulins. Alors les ailes cessent de tourner. La Perrière et Roz se métamorphosent en tours évidées. À Mayun, quatre anciennes constructions subsistent à l’état de ruines envahies par la végétation.
À Montoir-de-Bretagne, les huit bâtiments meuniers ont disparu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, certains servent encore à produire de la farine, d’autres deviennent des postes de guet avant d’être rasés, comme le moulin de la Carrée.
En Brière, presque chaque île possédait son édifice meunier. À Saint-Joachim restent les bases de Mazin, d’Aignac et de la Butte aux chiens. Seul Pendille, moulin du XIXᵉ siècle coiffé de chaume, est devenu habitation.
À Saint-Malo-de-Guersac, aucune des quatre tours n’a survécu. Tandis qu’à Saint-Nazaire, ancienne ville aux vingt-six moulins, trois tours ont été restaurées en habitation : Brancieux, la Plage et la Noë. De Petit Bois et Cran ne restent que des tronçons.
Rien ne subsiste des deux anciennes tours meunières de Trignac.
Pornichet conserve un seul rescapé : le vieux moulin de Prieux. Plus aucune trace de meunerie à Saint-André-des-Eaux, le dernier édifice a été bombardé en 1943. Besné ferme la marche avec quatre témoins encore debout : le Temple, le Gros Chêne, la Gériais et le Petit Criaud, dont trois possèdent encore leur toiture.
Le travail minutieux et richement illustré des auteurs, redonne aux moulins leur place dans l’histoire de notre région.