[zoom] Karma
(France 2026) drame de Guillaume Canet avec Marion Cotillard, Denis Ménochet, Leonardo Sbaraglia.
2h20.
« Ne le dis à personne… qu’elle est ici », une phrase murmurée presque à la dérobée, glissée dans un dialogue menaçant à un instant du film, qui aurait pu passer inaperçue si elle ne faisait pas écho au titre éponyme du film de Canet, sorti en 2026.
« Ne le dis à personne », une phrase qui pourrait bien sonner comme une injonction aux critiques (ciné) trop bavards ! Car Karma, c’est un peu ça, résumé en une onomatopée : chuuuut ! Et dans ce cas d’école, mieux vaut ne pas trop en dire, au risque de gâcher le plaisir. Le juste mot, plaisir. Et pour cause, car c’est avec une délectation certaine – et soyons clairs, une franche nervosité –, que Guillaume Canet nous entraîne dans l’enfer d’une secte, prisonnière de sa propre consanguinité, où il est de bon ton de ne rien dire. Où aussi monstruosité rime fatalement avec perversité et plein d’autres petites saletés en “té”. Ou plus !
Ici, dans ce monastère “préservé” de l’obscénité du monde réel, on ne fait pas dans l’économie des horreurs, la diversité des supplices est de mise… Soumission, maltraitance, viol, torture, séquestration, bourrage de crâne, et j’en passe. Bref, le parfait Petit Larousse de l’abjection sectaire, édition intrafamiliale. Et joliment illustré, avec de très belles prises d’images. Une esthétique visuelle aussi soignée que le propos est sordide !
Au cœur de ce presque huis clos, étouffant, oppressant, hanté par les non-dits, les secrets et les déviances en tout genre d’un gourou psychopathe manipulateur et forgé d’un sadisme sans nom : Jeanne – jouée avec force par une Marion Cotillard incarnée –, et cet enfant qui disparaît. Le point de départ de ce thriller psychologique sous tension, riche en rebondissements qui tient en haleine durant 2h20. Du bon Canet, à la française. Mais ne le dites à personne !