Le yoga, une discipline adaptée à tous les adeptes
L’association multisports de l'Alerte de Méan continue à se développer dans l’accueil de personnes en situation de handicap, âgées ou pas. Après la boccia, le tir à l’arc, la randonnée… adaptés, place au yoga.
Pour que le yoga reste accessible à tous, Maryse Pautrel en propose une version adaptée.
« Inspire, expire, descends doucement, remonte. » Ce vendredi 7 mars, dans le gymnase de Méan-Penhoët, quelques personnes s’étirent lentement. Ici, pas de performance. Juste du souffle, du mouvement, et une promesse : celle d’un yoga accessible à tous. Depuis la rentrée, le club omnisports historique de Saint-Nazaire a ajouté cette nouvelle discipline à sa palette d’activités adaptées. Cette proposition est le fruit fortuit de convergences : « l’arrivée d’une nouvelle encadrante professionnelle à proximité du gymnase, un équipement disponible et la demande des adhérents », résume Pascal Delano, administrateur de l’association. L’idée s’est donc imposée naturellement, et preuve que « le yoga fait aujourd’hui bien partie du paysage sportif et de bien-être ».
Bouger lentement mais sûrement
Chaque vendredi désormais, Maryse Pautrel, professeure diplômée de l’Institut français de yoga, dispense quatre séances d’environ une heure, dont ce cours adapté. En cette matinée, les participants installés au sol ou sur une chaise font la demi-sauterelle. Des hommes comme des femmes, « conformément à la politique de mixité de l’association », rappelle la responsable du groupe sport santé, Catherine Jehanno. Ils sont une dizaine à avoir rejoint le cours de Maryse et « presque tous pratiquent une autre activité au sein de l’association », comme Yves, le champion de boccia (lire ici). Frédérique, tout juste retraitée, n’est « ni handicapée ni âgée », ironise cette septuagénaire. « La gym ne m’intéresse pas, c’est trop violent. Je voulais un truc doux, un moment pour moi. Une activité qui soulage le dos, bon pour le moral » et qui met le stress au tapis. Depuis qu’elle pratique ces séances hebdomadaires : adieu la sciatique ! « Ce qui prouve qu’il faut bouger… » Lentement mais sûrement. « Ces gestes inhabituels pour certains font du bien. Ils entretiennent la mobilité et envoient une information positive au cerveau », assure Maryse, qui enseigne depuis 2008. « Il faut que chacun puisse pratiquer selon ses capacités », insiste celle qui, avec une mère infirmière, a grandi au contact de personnes en situation de handicap. Pour elle, il ne s’agit pas juste d’adapter le yoga, mais d’adapter la posture sociale du sport : « Que chacun trouve sa place, quel que soit son état de santé, son âge, son envie. » Dans la salle au parquet centenaire baignée d’une douce lumière, on s’étire encore. Un souffle traverse le gymnase. Celui de la sérénité.